Désir et plaisir en philosophie et quête de soi

Quelle est la différence entre désir et plaisir ? À travers Spinoza, les Yoga Sutra de Patanjali et la yogathérapie, explore une réflexion profonde sur la nature du désir, ses impacts et sa puissance vitale.

Désir et plaisir : deux notions à ne pas confondre

Tout d’abord il faut faire la distinction entre DESIR et PLAISIR, exemples :

  • « Ce que je veux c’est du plaisir, pas du désir »
  • « Il ne vit que pour le désir »
  • « Le plaisir nait souvent du désir, mais l’inverse est-il vrai ? »

Désir : Action de vouloir, possibilité de stress, de grande concentration, de ventre serré et d’attente douloureuse

Plaisir : résultat obtenu, relâchement des muscles, diminution du stress

Le désir chez Platon

Le manque est l’une des dimensions du Désir. Platon explique dans « Le banquet » : « Nous désirons ce que nous n’avons pas, ce qui nous manque, ce que nous ne sommes pas ». Le désir va donc combler ce manque.

Mais dans ce cas, nous passons notre vie à être d’éternels insatisfaits.

Donc il faut quitter la quête incessante du désir dans la possession qui signifie clairement de quitter l’AVOIR pour aller vers le ETRE

Le désir chez Spinoza : puissance, essence et accomplissement

La puissance est l’autre conception du désir. Aristote précise que nous avons en nous la puissance vitale désirante, qui est la base même de la philosophie et des sciences. C’est le désir d’en savoir plus, de découvrir plus. C’est aussi le désir sexuel.

Et Spinoza en donnera plus de détail dans « L’éthique » en disant que « le désir est l’essence de l’être humain ».

Nous voulons grandir et accomplir.

  • L’avoir : dominer ou posséder toujours plus
  • L’être : plus de connaissance, aimer plus, s’accomplir spirituellement

Le désir devient puissance et cette puissance nous rend vivant. Il s’agit donc :

  • Ne pas passer son temps à se méfier du désir-manque
  • Mettre en avant et cultiver le désir-puissance

Et il explique :

  • C’est l’insatisfaction au désir qui crée de la souffrance car il nous rend malheureux
  • Ne pas supprimer le désir car il est au plus profond de notre Être, c’est ce qui nous rend pleinement humain et vivant.

Que faire pour ne pas être malheureux à cause du désir ?

Le but sera donc d’être dans la joie à cause du désir. La joie c’est l’accomplissement des désirs les plus profonds que nous portons en nous. La joie c’est l’élévation de la puissance d’action. A contrario, la diminution de la puissance d’action est la tristesse.

Le plus magnifique moyen de mettre les désirs aux services de soi est de découvrir ce que nous désirons profondément, les désirs personnels qui nous rendront plus fort, qui nous mettront en joie, et donc dans l’augmentation de notre puissance vitale.

Spinoza dit : « nous ne désirons pas une chose parce que nous estimons qu’elle est bonne, mais nous estimons qu’elle est bonne parce que nous la désirons ».

Donc le désir est le moteur de l’homme et le désir a de la valeur. Cela présuppose que tout ce que je désire est bon, forcément, ex :

  • Je désire du chocolat, donc le chocolat est bon, c’est vérité

Et pourtant ce n’est pas toujours le cas. C’est VERITE pour la personne qui en exprime le désir. Il faut clairement prendre conscience qu’il faut orienter les désirs.

Désir et plaisir dans les Yoga-Sutra de Patanjali

Sri Patanjali a vécu vers 200 avant J.C. Il a écrit 195 sutra – vers, aphorismes, phrases brèves – répartis en 4 padas – chapitres :

Pada 1 : voie du Samadhi

Pada 2 : Voie de la pratique

Pada 3 : Voie du déploiement du pouvoir de la conscience

Pada 4 : Voie de la libération

Le but est d’aller vers l’éveil spirituel, l’illumination, la révélation de sa Nature Véritable et profonde, vers le Samadhi.

Dans le livre 4, il est écrit en verset 10 et 11 :

10. « Tâsâm anâditvam châshisho nityatvât »

« Ces tendances n’ont pas de début car le désir d’accomplissement qui les alimente est présent depuis toujours »

11. « Hetu-phalâshrayâlambanaih samgrihitatcâd eshâm abhâve tad-abhâvah »

« L’attachement du mental aux objets maintient ces tendances (vâsanas) en vie par le cycle de la cause et de l’effet »

Les tendances sont les « tendances mentales » (= vâsanas) créées pas l’action des hommes.

Les actions des hommes donnent des fruits de plus ou moins bonnes qualités, donc bien ou mal, bon ou mauvais.

Le désir d’accomplissement, donc le but à atteindre, existe depuis tout temps.

Ce sont des buts à atteindre sans cesse.

L’attachement au mental associé au désir crée un cercle vicieux ou vertueux.

Je dirais donc que les désirs sont présents avec la création de l’homme et que les effets positifs pour chacun dépendent de la cause (= la raison) du désir.

Les 4 formes de désir et leur impact sur notre bien-être

Après étude jusqu’à ce jour, et sans entrer dans les détails, il est possible d’observer quatre types de désir :

  • Mimétique : je veux ce qu’à mon voisin ou mon ami
  • Manque : j’ai besoin de cela car ça représente un manque dans ma vie
  • Puissance : je m’élève dans mes attentes les plus profondes de mon être
  • Attachement : je suis trop attaché à telle personne ou à telle chose

Toutefois, il ne faut pas oublier qu’aucun désir ne doit créer de la souffrance

Ambivalence du désir

Même s’il y a des concepts ou des approches différentes, que ce soient les philosophes, les doctrines, les systèmes de pensées convergent tous vers un meilleur mode de vie, une suppression de la souffrance par l’absence de désir ou par une compréhension du désir sans aveuglement.

Le désir est donc ambivalent. D’un côté il est toujours présent en nous et on ne peut pas y renoncer, et de l’autre, certains disent que le mieux pour être bien dans sa tête et dans son corps serait de supprimer tout désir, quel qu’il soit.

Désir, souffrance et voie du milieu

Globalement il est mis en avant d’atteindre la sérénité intérieure par la maitrise de soi, la rationalité et de suivre « la voie du milieu ».

Cette souffrance n’est pas un mode de vie. Il faut donc apprendre à la reconnaitre et à l’évacuer, la supprimer de sa vie le plus possible pour ne garder que ce qui est important pour soi.

Evidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire !

Yogathérapie : mieux vivre avec ses désirs

C’est là que la Yogathérapie entre en scène pour nous aider à :

  • Prendre conscience d’une souffrance à cause du désir et pourquoi
  • Apprendre qui je suis profondément pour mettre en avant mes désirs sincères qui me feront prendre de la puissance, m’élever et vivre pleinement qui je suis.

La Yogathérapie n’est pas qu’une pratique physique.

Elle nous invite à une véritable observation de soi, sans jugement, avec bienveillance.

On apprend à écouter les messages du corps, à accueillir les émotions, à faire de la place à ce qui est là et à laisser partir ce qui n’est plus.

Cette écoute profonde devient une clé précieuse sur le chemin de l’équilibre.

L’application thérapeutique du Yoga permet de mieux comprendre la souffrance, réduire les effets à long terme et transcender ses effets sur l’être humain pour vivre en meilleure harmonie avec soi vers la révélation de sa Nature Véritable et Profonde, dans la guérison corps, cœur et esprit.

A lire également